Le frémissement économique est actuellement très léger mais la tempête dans laquelle est empêtré le Président Trump pose question: Le Président est-il encore en mesure de faire adopter son agenda économique par le Congrès? Pour l’heure, Donald Trump s’envole pour son premier déplacement à l’étranger.

Les crises à répétition qui secouent l’administration américaine pourraient finir, selon des analystes, par contrarier les plans économiques du président Donald Trump et freiner l’élan qui a saisi les milieux d’affaires depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Le frémissement n’est encore que très léger et les indicateurs restent globalement bien orientés, notamment sur l’emploi. Mais certains signes suggèrent que la tempête provoquée par le limogeage du patron du FBI ou l’enquête à tiroirs sur les interférences russes ne passe pas inaperçue chez les investisseurs.

Mercredi, la Bourse de New York a connu sa plus forte baisse depuis son élection en novembre. Et selon les dernières données, les industriels de la région de Philadelphie, qui passe pour un bon baromètre du pays, sont désormais moins optimistes qu’en avril. « Les investisseurs deviennent sans aucun doute plus sceptiques sur l’idée qu’il y aura un effet Trump, sur la Bourse mais également sur l’économie. Il y a une forme de retour à la réalité liée en partie à l’agitation politique », explique Ken Goldstein, de l’institut Conference Board qui mesure chaque mois la confiance des ménages et des entreprises.

Après l’élection du 8 novembre, Wall Street avait été saisie d’euphorie, portée par les projets du nouveau président de déréguler l’économie, lancer un vaste plan de relance dans les infrastructures et sabrer l’impôt sur les sociétés.
« Est-ce que cette tendance peut s’inverser à cause de la crise à Washington? Oui, même s’il est encore trop tôt pour le dire », note Mickey Levy, analyste à Berenberg Capital Markets.

Aucun des grands projets économiques de l’administration Trump n’a encore été abandonné, mais certains investisseurs pourraient douter de la capacité d’un président affaibli à faire approuver son agenda par le Congrès, pourtant contrôlé par son camp républicain.
« Les réformes fiscales et budgétaires pourraient être reportées et une partie du soutien dont bénéficie le président Trump pourrait se diluer », ajoute Mickey Levy.

Si vous n’arrivez pas à économiser de l’argent grâce à la réforme de la santé, il est plus dur de se permettre des baisses d’impôts et de dépenser de l’argent dans les infrastructures.

Les milieux d’affaires comptent pourtant beaucoup sur la réforme de la fiscalité qui devrait ramener le taux d’impôt sur les sociétés de 35% à 15%, libérant une vaste source de revenus, au risque toutefois de grever les finances publiques. Cette réforme doit être adoptée « aussi vite que possible », a réaffirmé le puissant lobby patronal du Business Roundtable. « Les Etats-Unis ne peuvent se permettre de manquer une opportunité qui ne se présente qu’une fois par génération ».

Equation complexe

L’équation s’est pourtant compliquée au Congrès, où deux commissions enquêtent sur une possible collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump.

Cette controverse a par ailleurs creusé le fossé avec les élus démocrates, dont le soutien sera en partie nécessaire pour adopter certaines réformes économiques d’envergure. « Les difficultés sont de deux ordres: cette enquête va nécessiter du temps et remplir l’agenda du Congrès, et il n’y aura pas grand monde chez les démocrates pour accorder une faveur au président », prédit John Hudak, analyste au centre de réflexion Brookings.

Le calendrier du Congrès semble intenable: la réforme de l’assurance-santé doit encore être adoptée par le Sénat, avant que les parlementaires ne se penchent sur la fiscalité et les infrastructures. « Si vous n’arrivez pas à économiser de l’argent grâce à la réforme de la santé, il est plus dur de se permettre des baisses d’impôts et de dépenser de l’argent dans les infrastructures », souligne Ken Goldstein.

L’administration américaine peut par ailleurs se rassurer en constatant la décrue constante du taux de chômage, tombé à son plus bas niveau en 10 ans, et le niveau exceptionnellement élevé de la confiance des ménages, traditionnels moteurs de la croissance.

Grand tour

C’est dans cette tempête également que le Président entame ce vendredi son premier déplacement à l’étranger. Cette tournée diplomatique le mènera au Proche-Orient puis en Europe.

Si la Maison blanche table sur ce déplacement international pour tourner la page, il va falloir que tout se déroule comme sur des roulettes et sans erreurs graves.

Après l’Arabie saoudite, Israël et la Cisjordanie, il passera par le Vatican, Bruxelles pour le sommet de l’Otan  puis Taormina, en Sicile, pour le sommet du G7, les 26 et 27 mai.

D’après des membres de l’équipe présidentielle et des républicains proches de la Maison blanche, Donald Trump veut démontrer le leadership des Etats-Unis mais il devra éviter que les révélations à répétition sur des questions très sensibles de sécurité et de renseignement ne viennent brouiller son message.

Préparé de longue date, ce premier déplacement de Donald Trump à l’étranger depuis son accession à la Maison blanche, le 20 janvier, survient donc en pleine crise politique à Washington. « Si la Maison blanche table sur ce déplacement international pour tourner la page, il va falloir que tout se déroule comme sur des roulettes et sans erreurs graves », note un consultant du Parti républicain. « A leur tour de briller, de montrer aux Américains et au monde que la Maison blanche ne vire pas au cirque d’erreurs ».

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