Véronique de Villèle roule à scooter, donne trois heures de cours de gymnastique par jour au Cercle de la forme et ses cours font le plein. Mais avant de devenir coach sportif, cette boule d’énergie qui a fait les beaux jours de la télévision des années 80 avec son alter ego, Davina, a été pendant dix-sept l’assistante de Mireille Darc et d’Alain Delon. « J’ai perdu ma sœur de cœur  », avoue Véronique de Villèle, très émue à l’évocation de la disparition de Mireille Darc. «  Sa mort marque la fin de cinquante et un ans d’une amitié infaillible. Elle me présentait toujours comme sa sœur ! Et de son côté, ma mère me disait d’ailleurs : J’ai trois filles, Véronique, Davina et Mireille. »

Elles se sont rencontrées chez Carita, le salon chic dont sa mère était cliente. « Un jour, alors que je venais de rentrer d’Angleterre, ma mère apprend que les sœurs Carita recherchent une hôtesse parlant l’anglais. Comme c’était mon cas et que j’étais disponible, j’ai été embauchée. J’accueillais les têtes couronnées, dont la princesse Margaret, et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Mireille. »

Sur le tournage de La Grande Sauterelle

« J’aurais besoin d’une assistante débrouillarde comme toi et parlant l’anglais, si tu connais quelqu’un, me dit-elle un jour. Sans hésiter, je lui réponds : Oui, moi ! Deux semaines plus tard, je quittais Carita et je m’envolais avec elle au Liban où elle tournait son premier film, La Grande Sauterelle. J’ai été d’abord son assistante, puis ensuite aussi celle d’Alain Delon. J’étais installée dans leur bureau et cela a duré dix-sept ans. Mireille était ma grande sœur et Alain, mon grand frère. » Et cela n’a plus changé. « Depuis, il ne s’est plus passé une semaine, sans que l’on se téléphone, que l’on aille faire des courses, que l’on s’échange nos petits secrets. »

Pour Véronique de Villèle, Mireille Darc était une personne extraordinaire, fabuleuse, intelligente, discrète. « Un pari ? propose-t-elle. Essayez de trouver une personne qui n’aime pas Mireille. » Et l’ancienne assistante d’évoquer sa ténacité, ce courage incroyable pour se battre, pour elle et pour les autres, et celui d’avoir pu surmonter deux opérations à cœur ouvert, un grave accident de voiture et d’autres moments personnels très douloureux, comme sa séparation avec Alain Delon ou la disparition de son compagnon Pierre Barret. « Elle s’en est toujours sortie. » Elle évoque encore sa générosité, sa mobilisation pour la création d’un hôpital à Kaboul, son soutien aux actions du professeur Cabrol, le chirurgien cardiaque qui l’avait par ailleurs opérée, ou à Bernadette Chirac pour l’opération Pièces jaunes.

Une générosité rarissime

Au côté de Véronique de Villèle, elle était aussi membre du comité d’honneur de l’Association pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer créée il y a onze ans par le professeur de Ladoucette. « Mireille n’a jamais failli. Une telle générosité est rarissime. » Son amie admirait aussi la femme qui s’était « lancée avec passion dans la photo et avec une énergie incroyable dans les reportages et les documentaires sur des gens humbles ». Un dernier regret pour son amie de toujours : celui de n’avoir pu exaucer son vœu, aller passer une journée avec Davina, dans le monastère bouddhiste qu’elle a fondé, dans le Poitou.

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