Dénoncer l’accord de Paris est une promesse de campagne de Donald Trump. Sur Twitter, le président américain joue le suspense et révèle qu’il annoncera sa décision aujourd’hui, le 1er juin à 21 heures (heure française). Le choix serait déjà fait selon le site d’information Axios. Scott Pruitt, numéro 1 de l’Agence de protection de l’environnement américaine, travaillerait sur le processus de retrait.

Un risque d’effet domino

L’un des objectifs fixés par l’accord est le maintien en dessous de 2 degrés du réchauffement climatique. Un horizon beaucoup moins crédible si les États-Unis partent puisque le pays est le deuxième émetteur des gaz à effet de serre et représente plus de 16 % des émissions de CO2 selon France Inter.

“Si les Etats-Unis sont dehors, on peut dire au revoir à cet objectif, explique François Gemenne, spécialiste en géopolitique environnementale. Ce qui fait la force de l’accord de Paris c’est son caractère universel et sa crédibilité.

Si les États-Unis sortent, l’accord perd les deux et d’autres pays pourront être tentés de faire pareil.” Un effet domino qui pourrait entraîner, parmi les 195 signataires actuels, la Russie, l’Inde ou l’Australie selon François Gemenne : “Ces pays n’étaient pas particulièrement favorables à l’accord et l’ont rejoint pour ne pas faire figure de mauvais élèves.”

Moins inquiet, Pascal Canfin, directeur général du WWF France, relativise sur Europe 1 le poids de la Maison Blanche : “Le maire de New York a dit que si Trump sortait de l’accord de Paris, la ville tiendrait les engagements et je suis prêt à parier que demain, la Californie et d’autres états feront la même chose. On est très loin d’avoir un bloc américain qui sortirait de l’accord.”

Climat instable pour les entreprises américaines

Les entreprises américaines n’ont pas attendu pour se désolidariser. Donald Trump souhaite redorer l’industrie du charbon et promouvoir l’économie américaine en dénonçant l’accord de Paris. Mais de nombreux groupes américains s’inquiètent des conséquences. Le 31 mai, ExxonMobil, la plus grande société pétrolière américaine, se prononçait en faveur de l’accord de Paris. Un soutien d’un géant de l’énergie fossile pas si paradoxal. “L’échec dans la mise en place d’une économie décarbonée met en danger la prospérité américaine. Mais bien agir maintenant permettrait de créer des emploi et de renforcer la compétitivité des États-Unis”, alertent plus de 1000 entreprises américaines dans une lettre ouverte à Donald Trump.

Le G7 qui s’est déroulé la semaine dernière en Sicile a également donné un aperçu des nouveaux jeux diplomatiques avec l’intransigeance de Donald Trump sur la question climatique. “Il est certain que la Chine et l’Europe vont redoubler d’effort, pense François Gemenne. C’est peut-être la possibilité de créer un front sino-européen.”

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