Les fuites dans l’enquête sur l’attentat de Manchester sont venues… de Washington et de Paris. Alors que les enquêteurs et les services de renseignements britanniques retenaient certaines informations, des éléments cruciaux ont été divulgués aux médias américains puis français.

Ce sont d’abord les services de renseignements américains qui ont laissé échapper l’identité du kamikaze présumé, Salman Abedi, alors que leurs homologues britanniques procédaient encore à des vérifications.

La ministre britannique « irritée » par les fuites

La ministre de l’Intérieur britannique Amber Rudd s’est même fendue d’une mise au point, mercredi matin, faisant part de son « irritation ».

« La police britannique a été très claire sur le fait qu’elle veut contrôler le flux d’informations, afin de protéger l’intégrité opérationnelle (de l’enquête), et de conserver des éléments de surprise. Donc c’est très énervant de voir que ces informations sont diffusés par d’autres sources et j’ai été très claire avec nos partenaires, alliés et amis. Cela ne doit pas se reproduire », a-t-elle tempêté sur la BBC (en anglais).

Voyage en Libye, séjour probable en Syrie: quand Collomb balance

Une mise au point qui a sans doute échappé au nouveau ministre de l’Intérieur français, Gérard Collomb. Invité sur BFM TV/RMC ce mercredi matin, le maire de Lyon a dévoilé des éléments sur le parcours de Salman Abedi: son passage en Libye, son voyage probable en Syrie et ses « liens avérés avec Daech. »

Des informations qui émanent des enquêteurs britanniques, comme l’a reconnu le ministre de l’Intérieur, mais que nos voisins outre-Manche n’avaient pas encore révélés.

« Dans le passé, ces secrets étaient généralement respectés »

Des pratiques que le quotidien britannique The Guardian déplore (en anglais): « L’une des bases du renseignement, c’est la communication des informations entre les agences, et entre les pays. Mais ces informations doivent évidemment rester confidentielles, c’est un principe clé. Le problème, actuellement, c’est que les services de renseignements, qu’ils soient français ou américains, transmettent leurs informations à un président, à un chef du gouvernement et à des ministres. Et dans le passé, ces secrets étaient généralement respectés. »

Et le quotidien de centre-gauche de s’inquiéter des répercussions de ces gaffes: que le Royaume-Uni cesse de coopérer avec les services de renseignements étrangers… Une décision perdant-perdant, pour toutes les parties.

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