« Sur le climat nous réaffirmerons clairement notre engagement très fort pour les accords de Paris et notre volonté d’aller de l’avant, avec pour moi l’espoir, en tout cas, que les uns et les autres soient ramenés à la raison et puissent nous suivre », a déclaré le président français Emmanuel Macron à l’issue d’une réunion préparatoire au G20 à Berlin avec plusieurs de ses homologues de l’UE.

M. Macron faisait allusion au président américain Donald Trump qui a annoncé le retrait des Etats-Unis de cet accord conclu pour lutter contre le réchauffement de la planète.

La Première ministre britannique Theresa May a assuré de son côté que « l’engagement du gouvernement britannique » sur « la nécessité de faire face au changement climatique était aussi ferme que possible ».

La chancelière allemande Angela Merkel, qui organisait la réunion avec l’objectif de souder les Européens en vue des discussions difficiles du sommet du G20 les 7 et 8 juillet à Hambourg, a reconnu qu’il y avait sur le climat « des divergences qu’on ne peut pas masquer ».

Elle a indiqué vouloir oeuvrer au G20 en faveur d’une déclaration commune, sans pouvoir garantir le succès lors de cette réunion qui s’annonce comme l’une des plus conflictuelles de ces dernières années.

Outre la France, le Royaume-Uni et l’Italie, pays de droit du G20, Mme Merkel avait aussi convié les représentants de plusieurs pays « invités » du forum de Hambourg, comme l’Espagne, les Pays-Bas ou la Norvège, ainsi que les responsables des institutions de l’Union européenne.

Dans la matinée, au Bundestag (chambre basse du parlement), elle s’était livrée à une attaque en règle contre M. Trump. « Plus que jamais aujourd’hui, ceux qui croient pouvoir régler les problèmes du monde par le protectionnisme et l’isolationnisme commettent une énorme erreur », a-t-elle lancé.

Les relations entre Berlin et Washington, au beau fixe sous l’ère Barack Obama, se sont envenimées après la rupture opérée par son successeur sur le climat et sur le commerce.

M. Trump vise en particulier l’Allemagne et ses exportations automobiles vers les Etats-Unis et a laissé planer la menace de taxes douanières.

A Berlin, les dirigeants européens ont tous souligné l’importance du libre-échange, qui constituera une autre pomme de discorde au G20.

Sur « le commerce international, l’Europe est, je crois, le seul espoir de vraiment défendre la vision d’un libre échange juste, à la fois contre le protectionnisme et contre toute pratique de dumping », a dit M. Macron.

Ce dernier a dans le même temps fait entendre sa différence au sujet des tensions avec Washington. Alors que Mme Merkel adopte une ligne dure, le chef de l’Etat a appelé à ne « pas rompre » avec les Etats-Unis ni « isoler » le pays.

« Nous pouvons partager des désaccords » mais « la relation avec les Etats-Unis est une relation de long terme, profonde dans de nombreux domaines », notamment au plan militaire, a-t-il argumenté.

Le chef de l’Etat vient de réaliser un « coup » diplomatique en obtenant que le président Trump participe à la fête nationale française du 14 juillet, après avoir déjà faire venir le président russe Vladimir Poutine à Paris.

Compte tenu des difficultés avec Washington, Mme Merkel a aussi entrepris en vue du G20 de nouer des alliances avec les puissances émergentes asiatiques comme l’Inde ou la Chine. Ce qui ne l’empêche pas de se méfier des ambitions de Pékin.

Elle a mis en garde, dans une interview publiée jeudi, contre son expansionnisme économique, la Chine considérant l’Europe « comme une péninsule asiatique ».

« L’Europe doit travailler d’arrache-pied à défendre son influence », a-t-elle ajouté, apportant son soutien au projet de M. Macron visant à mieux défendre au plan européen les secteurs industriels stratégiques des appétits étrangers. Outre les divergences avec M. Trump, d’autres sujets de conflits risquent de parasiter le G20.

Berlin a ainsi rejeté jeudi une demande du chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan de s’adresser à ses compatriotes en marge du sommet, dans un contexte très tendu entre les deux pays.

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