INTERNATIONAL – « Emmanuel Macron a, une nouvelle fois, donné une leçon politique à Theresa May« . C’est le constat sévère que dresse le HuffPost britannique au lendemain du premier tour des élections législatives française, marqué par le tsunami En Marche! qui pourrait faire entrer quelques 435 députés à l’Assemblée nationale. Un chiffre tout proche du record absolu de 472 élus obtenus par la majorité de droite en 1993.

De l’autre côté de la Manche, Theresa May vient de subir une défaite « humiliante » lors de l’élection générale britannique, comme le définissent nos confrères du HuffPost. Elle n’a pas réussi à renforcer sa légitimité populaire, perdant 13 sièges de député et, par la même occasion, la majorité absolue au Parlement. Une situation politique délicate qui l’oblige à gouverner avec le sulfureux DUP, un parti nord-irlandais ultra-conservateur.

Alors que les deux se rencontrent ce mardi 13 juin, en marge du match de football France-Angleterre, Emmanuel Macron semble en grande position de force diplomatique, notamment sur le dossier ô combien épineux du Brexit, à en croire les médias britanniques.

« La Première ministre britannique va entrer dans les négociations du Brexit gravement affaiblie après les élections générales du Royaume-Uni. En revanche, le Président français va profiter de sa victoire aux élections législatives et d’une immense majorité parlementaire dont Theresa May a longtemps rêvé », explique le Financial Times.

« Le sauveur » de l’Europe face à la responsable du Brexit

Depuis son élection à la présidence de la république française, Emmanuel Macron incarne pour beaucoup « le sauveur » de la France, mais aussi de l’Europe. À commencer par une partie de la presse étrangère qui a rapidement salué l’élection d’un responsable « jeune, dynamique et profondément européen. » Beaucoup de ces journaux, comme le Financial Times, Die Zeit, le Wall street journal, El Pais, The Guardian, ont d’ailleurs remarqué la marche victorieuse d’Emmanuel Macron sur l’esplanade du Louvre… au son de l’hymne européen.

« Pour l’Europe, l’importance du résultat de la présidentielle française est que pour la première fois depuis l’introduction de l’euro, le deuxième pays du continent a un leader avec la volonté et le mandat de poursuivre une profonde réforme de l’Union », écrit Politico. Un enthousiasme partagé par les europhiles du continent, comme le montre le rassemblement pro-européen organisé devant la chancellerie allemande lors de la première rencontre officielle entre Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Face à lui, Theresa May veut organiser un Brexit « dur ». C’est à dire la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne sans traité ni accord, promettant un changement radical pour les relations commerciales entre Londres et les Vingt-Sept.

 

« Deux voisins, deux politiques: La France de Macron regarde à l’extérieur, gagne et veut avoir un rôle de leader dans l’Union européenne. May regarde vers l’intérieur et marginalise un peu plus le Royaume-Uni », écrit Robert Ward journaliste à The Economist.
Selon les médias britanniques, le président français pourrait ainsi profiter de sa position de force pour pousser lui aussi à un Brexit dur, sans condition et dans un calendrier resserré. « Traditionnellement, la Grande-Bretagne a agi comme un frein au fédéralisme européen. Une UE sans Grande-Bretagne sera beaucoup plus ouverte aux idées françaises sur l’intégration économique, la protection des marchés européens et la création d’une défense de l’UE », explique le Financial Times pour qui Emmanuel Macron a tout intérêt à voir la Grande-Bretagne sortir rapidement de l’Union.

L’Amérique de Donald Trump en toile de fond

Au contraire, Theresa May apparaît aujourd’hui comme affaiblie, arqueboutée sur ses positions conservatrices et surtout isolée diplomatiquement. Son entente, de façade ou non, avec le président américain Donald Trump accentue un peu plus cette position délicate. La Première ministre britannique a d’ailleurs été la première dirigeante étrangère à se rendre à la Maison-Blanche sous la mandature du populiste-milliardaire. Une visite qui avait suscité beaucoup de réactions négatives en Grande-Bretagne.

Depuis, elle n’a cessé de ménager et de soutenir son allié. Une « danse du paon sans vergogne », comme le qualifie Libération qui explique cette attitude britannique par la volonté de signer rapidement un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, après être sorti de l’Union européenne. Une doctrine qui tient encore, malgré la décision -très polémique- de Donald Trump de sortir les États-Unis des accords de Paris.

Ce 1er juin 2017, la Première ministre britannique a mis près d’une journée pour déclarer sa « déception » dans un court communiqué. Une réaction bien insuffisante pour une partie de l’opinion publique britannique, européenne et internationale qui ont dénoncé la « couardise » de la dirigeante.

De son côté, Emmanuel Macron a orchestré une prise de parole rapide, en français puis en anglais pour s’adresser au monde. Il a notamment dit sa consternation, rassuré les signataires de ces accords, et détourné le slogan emblématique de Donald Trump, le transformant de « Make América great again » en « Make our planet great again. » Une volonté claire de s’afficher comme un grand leader occidental sur les questions écologiques et environnementales.

 

Une attitude saluée par la majorité de la scène internationale et par les médias britanniques qui ont évidemment fait un parallèle entre la réaction de Theresa May et celle du président français. « Emmanuel Macron a été largement félicité pour avoir combattu le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, alors que May a été critiquée pour avoir exprimé uniquement un sentiment de ‘déception’ (…) Son nom n’est pas apparu sur le communiqué commun à la France, l’Allemagne et l’Italie condamnant la décision du président américain », résume le HuffPost britannique.

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