Au pouvoir depuis le 20 janvier, Donald Trump conclut jeudi 20 juillet un premier semestre marqué par une impuissance notable.

Confusion, erreurs et scandales ont gâché les six premiers mois de Donald Trump à la Maison-Blanche. À moins d’un changement de méthode, le 45e président américain pourrait ruiner la suite de sa présidence.

Un semestre chaotique

Enfiler le costume de président des États-Unis prend toujours un peu de temps : quelles que soient son expérience et sa formation, personne n’est jamais vraiment prêt à prendre la direction de la première puissance économique avant de s’y être frotté.

Il faut un temps pour prendre ses marques, à la Maison-Blanche et, plus largement, à Washington, où les rouages du pouvoir sont particulièrement denses et complexes. Les prédécesseurs de Donald Trump n’avaient pas échappé aux critiques et aux controverses en accomplissant leurs premiers pas dans la capitale fédérale.

Mais aucun d’entre eux, dans l’histoire moderne, n’a dû faire face à autant de critiques que l’homme d’affaires du Queens. La faute au dossier russe, qui entoure sa présidence d’un parfum de scandale permanent, mais aussi à un manque de cohérence qui nuit à la capacité de la nouvelle équipe de mener à bien les chantiers pourtant jugés prioritaires.

Des échecs répétés

En arrivant dans la capitale américaine, le milliardaire avait déclaré que les façons de faire de Washington avaient conduit le pays à sa perte et que seul un homme d’affaires, maître dans l’art de la négociation, était capable de remettre les États-Unis sur le droit chemin.

Or, le bilan des six premiers mois est tous sauf flatteur.

  1. D’abord la Maison-Blanche n’a toujours pas été en mesure de compléter son équipe, de nombreux postes restant vacants, aussi bien pour des positions clés (ambassadeurs, etc.) qu’à des échelons importants, car opérationnels, dans les ministères.
  2. Ensuite, car les dossiers jugés prioritaires ne progressent guère. Présentée comme une tâche urgente et aisée, la remise en cause de la réforme de la santé de Barack Obama est un fiasco. Malgré une majorité républicaine au Sénat et à la Chambre des représentants, le Congrès a été incapable de se mettre d’accord, guère aidé par un président multipliant les annonces contradictoires.
  3. Quant au mur à la frontière mexicaine, thème central de l’émergence de Donald Trump sur la scène politique, il attend toujours le premier coup de truelle. Le locataire de la Maison-Blanche a été incapable de convaincre ses alliés politiques de voter des crédits suffisants pour lancer le chantier.

Une popularité en berne

Dans ce contexte, il est peu surprenant que le président soit confronté à une popularité en berne, sans équivalent depuis que les instituts de sondage suivent de manière systématique les présidents dans l’exercice de leur fonction.

Selon l’institut Gallup, 38 % des Américains approuvent son action, contre 59 % pour Barack Obama à pareille époque et 57 % pour George W. Bush.

Cette situation s’explique non seulement par la difficulté du président Trump à faire avancer les dossiers prioritaires, alors que le Congrès est tenu par ses alliés, mais également par le climat de division qu’il entretient, à l’image de son discours d’investiture, conforme au ton de sa campagne.

Ces six mois, bien sûr, ne représentent que le début d’une présidence qui a encore le temps de rectifier le tir. Mais la vie politique américaine se mène tambour battant : dès novembre 2018, les électeurs seront à nouveau appelés aux urnes pour renouveler le Congrès.

Ces élections, toujours très compliquées pour un nouveau président, pourraient placer Donald Trump dans une position très délicate pour mener à bien son premier mandat.

Gilles Biassette

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