VIDÉO – Au lendemain de l’audition de James Comey devant la commission du Renseignement du Sénat dans l’enquête sur la Russie, le président américain a contre-attaqué en l’accusant d’être une «balance».

Donald Trump est passé à la contre-offensive vendredi en répondant de manière virulente à James Comey, qui a révélé au Sénat jeudi les pressions du président américain dans l’enquête sur la Russie. Le président américain s’est dit prêt à «100%» à démentir sous serment le témoignage de l’ancien directeur du FBI.

Il a également promis devant la presse de dire «dans un avenir très proche» s’il détenait des enregistrements de ses conversations privées avec Comey, comme il l’avait laissé entendre dans un tweet, mais il a prévenu: «Vous serez très déçus quand vous entendrez la réponse».

Face aux accusations de James Comey, Donald Trump a déclaré: «Il n’y aurait rien de mal si je l’avais fait, selon tous les gens que j’ai lus aujourd’hui. Mais je n’ai pas dit cela». Après avoir nié avoir réclamé à Comey sa «loyauté», il a ajouté que l’audition de l’ancien dirigeant du FBI «n’a montré aucune collusion, aucune entrave». «Franchement, James Comey a confirmé beaucoup de choses que j’avais dites, et certaines choses qu’il a avancées n’étaient pas vraies», a-t-il conclu.

«Il organise des fuites»

C’était la première fois que Trump parlait à la presse depuis l’audition de M. Comey au Sénat. Les défenseurs du président retiennent en premier lieu la reconnaissance par l’ancien procureur d’avoir fait fuiter à la presse en mai, via un ami, des notes dans lesquelles il avait consigné certains rendez-vous en tête à tête avec Donald Trump.

«Il organise des fuites», a accusé M. Trump. Plus tôt, il avait tweeté: «Malgré tant de faux témoignages et de mensonges, confirmation totale et complète… et WOW, Comey est une balance!». Son avocat Me Marc Kasowitz avait critiqué dès jeudi soir le fait que James Comey ait révélé le contenu de conversations privées entre lui et le président. Il a estimé qu’il appartiendrait aux «autorités compétentes» de déterminer si ces éléments devaient faire l’objet de poursuites.

«J’estime qu’il m’a limogé à cause de l’enquête russe», a accusé jeudi James Comey qui s’exprimait sous serment et a répondu pendant plus de deux heures et demie aux questions des sénateurs. L’ancien directeur, 56 ans, a blâmé le président pour lui avoir intimé d’abandonner un volet de l’enquête russe sur un proche, Michael Flynn. Il a accusé l’administration Trump de diffamation et de «mensonges». Et sous-entendu que le président lui-même était un menteur.

L’ex-patron du FBI a raconté en détail sa gêne lors de conversations privées avec le locataire de la Maison-Blanche, décrites dans un texte publié la veille et basé sur des notes soigneusement prises après chacune des conversations. Certes, a-t-il dit, personne ne lui a demandé explicitement d’«arrêter» l’enquête menée par le FBI sur les ingérences russes.

Mais il a confirmé que Donald Trump lui avait demandé sa «loyauté», alors même qu’il supervisait les investigations sur une éventuelle collusion entre des membres de l’équipe de campagne du républicain et Moscou. «Mon bon sens me disait qu’il voulait quelque chose en échange de m’accorder ma demande de rester à mon poste», a-t-il estimé, alors que son mandat courait jusqu’en 2023.

(Avec AFP et Reuters)

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