Angela Sirigu, directrice de recherche à l’Institut des sciences cognitives Marc-Jeannerod de Lyon. Photo DR/Photo Le Progrès

Pourquoi avoir exploré cette piste du nerf vague ?

« Elle est déjà utilisée dans d’autres pathologies comme l’épilepsie et la dépression. Le nerf vague se projette vers deux aires du cerveau impliquées dans l’état de veille et la conscience. J’ai pensé qu’en le stimulant, on pouvait peut-être obtenir des bénéfices. »

Pourquoi avoir choisi un patient en état végétatif « non-répondant » ?

« Si nous avions choisi un patient en état de conscience minimale, nous aurions dû répondre à la critique que l’amélioration pouvait être due à la chance. C’est pourquoi nous avons choisi un cas très difficile. »

Le patient n’a pas répondu tout de suite aux stimulations… Comment pouvez-vous savoir à quel moment les progrès s’arrêtent et s’ils vont se maintenir dans le temps ?

« Le changement n’est pas brusque. On stimule par paliers et il y a un effet cumulatif qui apparaît dès le premier mois. Nous l’avons stimulé pendant six mois et après, cela s’est stabilisé. Notre but était de montrer qu’il pouvait y avoir un changement. Nous sommes dans un protocole de recherche. Pour voir ce qu’il se passe au-delà, il faut un suivi clinique. »

Qu’apporte cette recherche ?

« Elle montre la capacité incroyable du cerveau à se remodeler. Même quand les dommages sont importants, même quand il n’y a plus d’espoir, le cerveau peut se réactiver, se réorganiser. »

Quelle va être la suite à cette première ?

« Nous avons une autorisation pour mener des études sur 20 patients mais elles coûtent très cher. L’objectif est d’étudier d’autres patients non-répondants mais aussi des patients avec une conscience minimale. L’espoir est de faire sortir les patients de l’état végétatif, qu’ils puissent répondre aux mouvements, peut-être retrouver du langage. Cela dépendra des lésions cérébrales de chaque patient. »

Ces résultats correspondent-ils à vos attentes ?

« On veut toujours plus… Mais, d’abord, je suis ravie d’avoir connu la famille extraordinaire de ce patient qui a vu l’intérêt pour la science et a voulu aider les autres patients. Notre mission est aussi de susciter l’intérêt d’autres équipes pour que les recherches se multiplient. Cela va nous apprendre beaucoup de choses sur les centres de la conscience dans le cerveau. »

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