Mercredi, plusieurs personnes ont été arrêtées en Belgique et en France soupçonnées de préparer un attentat. Parmi eux, deux frères, Akim Saouti, 40 ans, et Khalid Saouti, 37 ans, et un Français de 42 ans. Les deux frères, belges, ont été inculpés à Bruxelles pour « participation à un groupe terroriste » et placés en détention. Ils avaient été arrêtés avec deux autres personnes dans la nuit de mardi à mercredi à Anderlecht, commune populaire de l’agglomération bruxelloise. Le Français, lui, a été interpellé à Wattignies, dans la banlieue de Lille, et a été présenté dimanche à un juge antiterroriste en vue de sa mise en examen. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et va requérir son placement en détention provisoire. La Belgique recherche encore « plusieurs suspects », les autorités craignant qu’ils puissent commettre un attentat.

Les trois hommes ne sont pas inconnus des services de police. 

« Kamikaze riders »

Les frères Saouti sont connus pour leur radicalisation et leur fratie a déjà défrayé la chronique judiciaire en Belgique. Khalid avait aidé en 2002 son grand frère Mohamed à s’évader. Ce dernier était finalement retourné en prison et Khalid avait été condamné à un an de prison avec sursis.

Un autre frère Saïd Saouti, fondateur et ancien chef d’un gang de motards, les « Kamikaze Riders », adepte de rodéos musclés sur le périphérique de Bruxelles, a été condamné l’an dernier à six ans de prison pour « appartenance à un groupe terroriste ». 

Lors de son arrestation, fin décembre 2015, les autorités avaient annoncé qu’il était soupçonné de préparer des attentats, similaires à ceux de Paris, contre « plusieurs lieux emblématiques » de la capitale belge, comme la Grand-Place ou le commissariat central, avec un autre motard, Mohamed Karay. Ce dernier avait écopé de trois ans de prison, dont une partie avec sursis.

Mais le parquet avait demandé un non-lieu concernant les accusations sur la planification d’un attentat, faute d’avoir pu mettre la main sur des armes ou des explosifs pendant l’enquête.

Selon le quotidien « La Dernière Heure », Saïd Saouti arborait avec fierté plusieurs surnoms dignes de sa réputation dans le milieu criminel bruxellois, dont « Saïd Kamikaze ». Il ne cachait pas non plus ses sympathies pour al-Qaïda puis pour le groupe Etat islamique (EI), comme l’attestent ses prêches sur les réseaux sociaux.

En fin de procès, Saïd Saouti avait exprimé ses regrets d’avoir tenu des propos radicaux sur les réseaux sociaux. Mais la procureure, lors de son réquisitoire, a déclaré qu’elle ne croyait « absolument pas à la prise de conscience » du prévenu. « Les récents rapports de la prison témoignent du fait qu’il tient encore des discours radicaux haineux. Il est très dangereux », avait-elle déclaré, citée par l’agence Belga.

Le Français repéré pour radicalisation

Le Français a déjà été incarcéré à quatre reprises pour des faits de vols et violences et est sorti de prison en mai 2015. Il avait été repéré pour s’être radicalisé pendant sa détention et placé sous surveillance par les services de renseignement français.

La DGSI avait alors observé plusieurs allers-retours du suspect entre la France et la Belgique et l’avait aperçu avec d’autres protagonistes, dont les frères Saouti en train de manipuler des sacs dans un garage d’Anderlecht.

En garde à vue, le suspect a reconnu connaître les deux frères, mais nié tout projet terroriste. Des vidéos de propagande jihadiste, d’attaques kamikazes ou contenant des messages contre l’Occident ont été retrouvés dans son ordinateur.

 

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