« Les relations Chine-USA affectées par des facteurs négatifs » – International

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« Les relations bilatérales ont été affectées par des facteurs négatifs. (…) Nous espérons que les Etats-Unis pourront traiter correctement les questions relatives à Taïwan en conformité avec le principe d’une seule Chine », a insisté M. Xi, selon la télévision d’Etat CCTV.

L’administration Trump avait suscité la fureur de Pékin en autorisant fin juin une vente d’armes pour 1,3 milliard de dollars à Taïwan, une île de facto indépendante mais dont le régime communiste revendique la souveraineté.

« Une sérieuse provocation politique et militaire »

Par ailleurs, un navire militaire américain s’est approché dimanche d’une île contrôlée par Pékin en mer de Chine méridionale, suscitant une vive réaction de Pékin à quelques heures de la conversation téléphonique prévue entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.

Le USS Stethem s’est approché à moins de 12 milles nautiques de l’île Triton dans l’archipel Paracel, contestant de facto la souveraineté chinoise sur ce territoire occupé par Pékin, mais également revendiqué par le Vietnam et Taïwan.

Il s’agissait de la deuxième opération américaine destinée à contester les visées territoriales de la Chine dans cette zone maritime stratégique, depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump. La première opération avait eu lieu le 25 mai, dans l’archipel Spratley plus au sud.

La Chine a exprimé sa réprobation dans un communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, qui a dénoncé « une sérieuse provocation politique et militaire ».

« La partie chinoise appelle avec force la partie américaine à cesser immédiatement ce genre d’opérations provocatrices qui violent la souveraineté de la Chine et menacent la sécurité de la Chine », a déclaré le porte-parole, cité par l’agence de presse officielle Xinhua (Chine nouvelle).

La Chine continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté et sa sécurité nationales, a ajouté le porte-parole.

Le geste de Washington, à quelques heures d’une conversation entre les présidents des deux pays, semble confirmer un certain raidissement de ses relations avec Pékin, après les efforts de rapprochement exprimés début avril lors du sommet de Mar-a-Lago en Floride entre MM. Trump et Xi.

L’administration américaine a pris la semaine dernière plusieurs initiatives susceptibles de provoquer la colère de Pékin.

Elle a ainsi donné jeudi son feu vert à la vente de 1,4 milliard de dollars d’armes à Taïwan, que la Chine considère comme une de ses provinces et n’a pas renoncé à reconquérir.

Jeudi également, Washington a annoncé pour la première fois des sanctions contre une banque chinoise, la Bank of Dandong, accusée d’avoir facilité des transactions au profit de compagnies impliquées dans le développement de missiles balistiques nord-coréens.

Le même jour, le département d’Etat américain a fait part de son inquiétude pour le respect des libertés à Hong Kong, vingt ans après la rétrocession de la ville à la Chine.

Mardi, la diplomatie américaine avait également placé la Chine sur sa liste noire du trafic d’êtres humains, au même rang que la Syrie, la Corée du Nord ou le Venezuela.

Frustration sur la Corée du Nord

Autant d’initiatives qui contrastent avec la tonalité de la réunion de Mar-a-Lago, et les signes de bonne volonté réciproques manifestés ensuite, par exemple l’annonce à la mi-mai d’un accord sur l’exportation de boeuf et de gaz américains vers la Chine.

Mais M. Trump a laissé entrevoir récemment sa frustration quant aux efforts de Pékin pour faire pression sur le régime nord-coréen, après avoir salué pendant plusieurs mois la bonne volonté du gouvernement chinois en la matière.

Les efforts chinois « n’ont pas fonctionné », a-t-il déploré dans un tweet il y a deux semaines.

Le régime de Kim Jong-Un a procédé ces derniers mois à plusieurs essais de missiles en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, au grand dam de plusieurs de ses voisins comme le Vietnam ou les Philippines qui ont aussi des revendications territoriales dans cette zone stratégique pour le commerce mondial, et qui recèlerait de grandes réserves de pétrole et de gaz.

Pékin est soupçonné de chercher à établir par la force ses revendications, en construisant des installations militaires dans les iles Paracel et Spratley.

La semaine dernière, le centre d’études américain spécialisé AMTI (Asian Maritime Transparency Initiative) a estimé que trois bases construites par Pékin dans l’archipel Spratley étaient désormais prêtes à recevoir avions de combat et rampe lance-missiles.

Un tel déploiement, conjugué à celui déjà opéré dans les îles Paracel, « permettront aux avions chinois d’opérer dans la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale », a averti le centre d’études.

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