La loi sur la cybersécurité, appliquée depuis le 1er juin dernier, permet aux autorités de poursuivre toute personne ou entité publiant des informations qu’elles estiment nuisibles au régime.

À quelques mois du 19e congrès du Parti communiste, qui se tiendra cet automne, Pékin ne fait pas dans la demi-mesure. Vendredi, le gouvernement a annoncé qu’il ouvrait une enquête contre les trois réseaux sociaux les plus populaires de Chine: la messagerie Wechat, le site de microblogging Weibo et le moteur de recherche Baidu.

Selon Pékin, ces trois acteurs majeurs d’Internet dans le pays auraient violé la nouvelle loi sur la cybersécurité en publiant des «contenus illicites» qui «mettent en danger la sécurité nationale», a rapporté le South China Morning Post.

Le gouvernement de l’empire du Milieu n’a pas perdu de temps. La loi sur la cybersécurité, appliquée depuis le 1er juin dernier, permet aux autorités de poursuivre toute personne ou entité publiant des informations qu’elles estiment nuisibles au régime. L’enquête sur les principaux réseaux sociaux a démarré à Pékin et Canton à la réception de messages d’utilisateurs signalant des «contenus illicites». Certains internautes se serviraient des trois plateformes pour diffuser des «informations violentes» et des «rumeurs obscènes» qui «mettent en danger la sécurité nationale, la sécurité publique et l’ordre social».

Une période sombre pour la liberté d’expression

La période est sombre pour la liberté d’expression en Chine. Fin juin déjà, Weibo avait été visé par la décision de Pékin d’interdire le live streaming, la diffusion instantanée de vidéo en ligne étant trop dure à censurer. Dans la foulée, la cyberpolice avait fermé des dizaines de comptes de divertissement en ligne sur Weibo, Tencent et Baidu.

À cette répression intérieure s’ajoute la décision prise par Apple, fin juillet, de retirer de son AppStore les applications de VPN (réseaux privés virtuels), qui permettent de masquer son lieu réel de connexion et d’accéder aux nombreux services bloqués en Chine, comme Facebook, Twitter ou Gmail. Le géant américain a expliqué que les autorités lui avaient demandé «de retirer certaines applications qui n’étaient pas en conformité avec leurs nouvelles réglementations». Ce recul a fait hurler les opposants à la censure.

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