On le présente comme Jupiter, mais ne serait-il pas Chronos, le maître du temps ? Depuis son intronisation, Emmanuel Macron joue avec les horloges. Cela fait plus d’un mois que l’ancien banquier d’affaires a accédé à la fonction de président de la République, mais, des mairies de France jusqu’aux bureaux de l’Élysée, c’est encore le portrait de François Hollande qui orne les murs. Et pour cause, Emmanuel Macron ne peut pas fournir de photo officielle aux « maisons de la République », puisqu’il n’a pas encore posé…, il joue la montre. « Emmanuel Macron prend son temps avant de choisir le photographe qui immortalisera son image », détaille ainsi Le Figaro. « Ce geste va le suivre tout le quinquennat », justifie même un proche au quotidien.

Tout de même ! En attendant plus de 30 jours pour être photographié, Emmanuel Macron prend largement plus de temps que Nicolas Sarkozy (8 jours), Jacques Chirac (16) et François Hollande (21). Sur Europe 1, on évoque la piste de Mathias Depardon, pour prendre le cliché présidentiel. Installé en Turquie depuis cinq ans, ce journaliste indépendant âgé de 37 ans avait été arrêté à Hasankeyf (sud-est du pays), au motif qu’il travaillait sans carte de presse. Il a été depuis remis en liberté et est rentré en France le 10 juin. Si la rumeur se matérialisait, il s’agirait d’un « choix hautement symbolique », selon la station.

LIRE Photo officielle d’Emmanuel Macron : un cliché pour l’histoire

Ce cliché, qui se trouvera dans les mairies, commissariats, écoles, ambassades, « devra solenniser une figure d’État », écrivait sur le site Le Point.fr Olivier Ihl, professeur de sciences politiques à Sciences Po Grenoble. Il avançait, lui, le nom de Soazig de La Moissosnière, la photographe de Macron pendant la campagne, pour prendre le cliché. En plus du photographe, il s’agira également de choisir minutieusement les caractéristiques du cliché : « Parc de l’Élysée ou bibliothèque ? Cadrage de trois quarts ou plan rapproché ? Lumière de plein air ou d’intérieur ? Drapeau uniquement tricolore ou associé à celui de l’Union européenne ? Regard direct ou hors-champ ? » se demandait Olivier Ihl.

Source link