Notre chère planète regorge d’endroits extraordinaires et atypiques. Notre série 20 000 lieux sur la Terre vous propose d’en découvrir quelques-uns.

Certains endroits sur Terre semblent avoir échappé aux méfaits de la civilisation, aux ravages du monde moderne. L’île de Socotra est de ceux-là.

Au large de la mer d’Arabie et du Yémen, en plein cœur de l’océan indien, existe un archipel aux allures de rêve éveillé. Socotra ressemble au paradis avec ses eaux turquoise, mais sa nature extraordinaire rend aussi ses paysages complètement surréalistes.

Socotra : Nulle part ailleurs

Longtemps coupée du monde, de par son éloignement et la difficulté de son accès par la mer, l’île de Socotra, qualifiée de « monde perdu », a su préserver une flore à part.

Au total, elle compte plus de 700 espèces uniques au monde, dont le dragonnier de Socotra (photo plus haut )  l’arbre le plus répandu sur l’archipel.

Avec ses branchages qui ressemblent à des racines et son chapeau arrondi, comme s’il avait été taillé en forme de champignon, le dragonnier est aussi surnommé l’arbre au sang du dragon, de par la couleur rouge de sa sève.

Ces nombreuses espèces « endémiques » n’existent dans aucune autre région du monde. Cette biodiversité étonnante a d’ailleurs permis à Socotra de rejoindre la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

Socotra : Comprendre sa biodiversité

L’isolation géologique de Socotra lui a permis de développer une nature hors du commun, avec ses espèces spécifiques. Outre le dragonnier, d’autres plantes endémiques s’y développent depuis plus de 8 millions d’années. Récifs coralliens, arbres concombres, adenium (ou rose du désert), aloès de Socotra, euphorbes arborescentes mais aussi des animaux tels que le lézard sans patte… y passent des jours tranquilles.

Selon l’Unesco, 37 % des espèces de plantes, 90 % des espèces de reptiles et 95 % des espèces d’escargots terrestres existent uniquement sur cette île!

Plus grosse île du Moyen-Orient, Socotra baigne dans un climat extrêmement chaud et sec, avec une température moyenne de 25 degrés et très peu de pluie. Les plantes endémiques se seraient donc développées en fonction de ces conditions, afin de s’adapter à la sécheresse.

Une île désertée

Socotra compte à peine plus de 40 000 habitants, majoritairement des pêcheurs ou des bergers. De plus, ses routes n’y ont été tracées qu’en 2011. Autant de raisons qui permettent à sa faune et à sa flore de s’y développer en toute quiétude. Jean-Louis Guébourg explique dans son ouvrage « Socotra, une île hors du temps« , paru aux Presses universitaires de Bordeaux :

« Les liaisons maritimes révèlent la profonde précarité des échanges avec le continent, renforcée par l’absence de port qui se fait, aujourd’hui, cruellement sentir. La livraison de véhicules constitue une affaire délicate […] La moindre erreur entraîne le naufrage. »

Quant aux touristes, ils désertent les lieux : Socotra dépend du Yémen, une destination à éviter à tout prix. Tout séjour y est formellement proscrit en raison de gros risques d’enlèvement ou d’assassinat.

Hélas, il ne vous reste donc plus qu’à rêver un peu en contemplant ses paysages extraordinaires, de loin.

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