Jeudi dernier, une mère de famille, divorcée, souffrant d’anorexie sévère depuis l’âge de 20 ans, a été secourue par les pompiers et le Samu.

L’intervention a lieu à son domicile, un appartement au 1e étage d’une tour du square Dunois, derrière le boulevard Vincent-Auriol, le long du métro aérien (XIIIe).

C’est sa fille de 18 ans, qui, bien qu’elle ait vu sa mère la veille au soir, la trouve inanimée et appelle le 17 depuis la loge de la gardienne.

«On est appelé pour arrêt cardiaque», se souvient une source policière. Les pompiers de la caserne Massena débarquent.

Le médecin du Samu de l’hôpital Salpêtrière (XIIIe) constate que la victime ne respire plus, la déclare morte à 18h10 et signe le certificat de décès «avec un obstacle médico-legal» (cause suspecte). Une heure plus tard, la police prend le relais.

Un officier de police judiciaire et un gardien de la paix du commissariat du XIIIecommencent les constatations, comme c’est l’usage, pour l’enquête aux fins de recherche des causes de la mort.

Ils soulèvent le drap sous lequel repose la dépouille. Et là, «on constate des mouvements au niveau du ventre», s’étrangle l’un d’eux. Le gardien de la paix «prend le pouls au niveau de la veine jugulaire et constate une réaction !» 

L’officier décroche alors illico son téléphone pour un coaching de massage cardiaque en direct avec les pompiers. Ces derniers demandent au gardien de la paix de déposer la victime au sol. Et de procéder au massage cardiaque.

L’opération dure trente minutes. Les fonctionnaires se relayent. L’un d’eux tient la main de la femme et lui parle. Le cœur de la victime repart «sur un rythme de croisière». Les policiers rappellent le médecin des pompiers afin qu’il constate officiellement que la dame est bien vivante. Elle est ensuite transportée en réanimation à Necker.

La victime est depuis hospitalisée à l’hôpital Necker (XVe).

L’épisode restera comme l’un des plus marquants dans la carrière des deux policiers. Et qui, au passage, ont dû avoir un sacré moment de solitude, de consternation, et de sang-froid… Sans eux, une habitante de Paris de 49 ans aurait été «enterrée vivante.»

«C’est Une histoire de dingue, poursuit Yvan Assioma, secrétaire régional Paris du syndicat Alliance, un scénario inimaginable. « Nos collègues ont cru se retrouver dans un épisode de Walking Dead. Leur réaction a été salutaire pour la malheureuse».

La commissaire de police du XIIIe a demandé que ses deux fonctionnaires soient décorés de la médaille du courage et du dévouement.

Mise à jour du 28 avril 2017 :

L’assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a ouvert une enquête interne sur le cas du médecin du Samu de la Salpétrière.

 Ce jeudi soir, le porte-parole de l’AP-HP a indiqué que cet «événement Indésirable Grave (EIG) va être déclaré aux autorités sanitaires», qu’ «une revue de morbidité et de mortalité (RMM) sera menée afin d’analyser collectivement les circonstances précises de sa survenue et le cas échéant les actions correctrices à engager».

L’AP-HP rappelle la définition de décès :«absence de circulation, absence de ventilation et absence totale de réaction, ce qui permet l’établissement par le médecin d’un certificat de décès.

Ce vendredi 28 avril 2017, la victime est toujours  hospitalisée à Necker (XVe)

Que pensez -vous de ce fait insolite et incroyable ?