« Plus la force désormais de me battre »

Dans la missive, datée du jour de la mort du magistrat, Jean-Michel Lambert lève cette interrogation latente : a-t-il mis fin à ses jours à cause de l’affaire ? Oui: « J’ai décidé de me donner la mort car je sais que je n’aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m’attendrait », écrit le juge.

« Machine à broyer »

« Cet énième ‘rebondissement’ est infâme. La machine à broyer s’est mise en marche pour détruire ou abîmer la vie de plusieurs innocents, pour répondre au désir de revanche de quelques esprits blessés dans leur orgueil ou dans l’honneur de leur corps. Certains de mes confrères ont emboîté le pas avec une mauvaise foi abominable », ajoute Jean-Michel Lambert.

Découvrez le texte intégral de la lettre du juge Lambert sur le site de nos confrères de l’Est Républicain

L’incroyable parallèle avec son roman

Peu après son décès, un incroyable parallèle avait été mené entre un personnage du dernier roman de Jean-Michel Lambert, « Témoins à charge » (à paraître, éditions De Borée), dont le juge venait de rendre le manuscrit.

Le juge avait finalement laissé une lettre...

On y découvrait un personnage, le professeur Chabert, qui s’était suicidé un sac sur la tête, une bouteille à ses pieds, et qui avait laissé une longue lettre. Physiquement, sa description le présentait exactement comme le juge Lambert.

Face à ce parallèle, nombre d’observateurs s’étaient étonné que le juge, lui, n’ait pas laissé d’écrit. C’est désormais chose faite.

« Bernard Laroche est innocent »

Dans sa lettre posthume, le magistrat livre, encore une fois, sa profonde conviction : « Je proclame une dernière fois que Bernard Laroche est innocent (…). On a depuis 1987 totalement fait abstraction du travail du SRPJ de Nancy (…). Les événements depuis juin dernier sont voués normalement à l’échec (…) Pour ne pas perdre la face, on cherchera alors un bouc émissaire. Autant dire qu’il est tout trouvé… »

« Je refuse de jouer ce rôle. Si j’ai parfois failli, j’ai cependant la conscience parfaitement tranquille (…) On ne connaîtra jamais la vérité parce qu’on refuse de voir la vérité (…). Je préfère sonner la fin de partie pour moi. L’âge étant là, je n’ai plus la force de me battre. J’ai accompli mon destin ».

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