Faits divers | Jawad, « logeur de Daech », renvoyé en correctionnelle

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Les magistrats instructeurs ont suivi les réquisitions du parquet de Paris. Ils ont ordonné que Jawad Bendaoud, le «logeur» des djihadistes du 13 novembre, soit jugé pour «recel de malfaiteurs terroristes». L’homme de 31 ans, délinquant multirécidiviste rendu célèbre par une vidéo où il clamait maladroitement son innocence, encourt une peine de six ans de prison puisqu’il se trouve en état de récidive.

Il avait fourni l’appartement de Saint-Denis où Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques qui ont fait 130 morts, et un autre auteur des tueries s’étaient repliés.
Interpellé dans la rue, le 18 novembre 2015, sous l’œil des caméras, au moment de l’assaut policier contre le logement, il avait été mis en examen six jours plus tard, notamment pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle en vue de commettre une action violente», un chef passible de la cour d’assises spéciale. Il avait été incarcéré à l’isolement à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) et est toujours en détention provisoire.

Son cas avait été disjoint de celui des autres suspects. «Au vu des éléments du dossier, il ne pouvait pas ignorer que les deux fugitifs étaient liés aux attentats du 13 novembre», avait estimé le parquet antiterroriste dans ses réquisitions. En revanche, pour le ministère public, les investigations n’avaient «pas permis d’établir qu’il avait connaissance de leur projet de passer à nouveau à l’acte». Abaaoud et son complice avaient prévu de se faire exploser, le 18 ou le 19 novembre, dans le quartier de La Défense près de Paris, avait indiqué à l’époque le procureur de la République de Paris, François Molins.

Un procès dans les six prochains mois 

Le procès de Jawad Bendaoud devrait se tenir dans les six prochains mois. La loi interdit en effet qu’un détenu reste en détention sans avoir été jugé plus de six mois son renvoi devant le tribunal.
Depuis son arrestation, «le logeur» du 13 Novembre n’a cessé de clamer son innocence. «Je n’ai jamais parlé de ma vie avec un membre d’une cellule terroriste, je n’ai rien à voir avec les attentats ni de loin ni de près», écrivait-il aux magistrats en mars 2016, expliquant avoir «consommé de la coke et du shit en quantité» ce jour-là. «J’ai vu Abaaoud moins de dix minutes, vous croyez que je suis profiler pour savoir ce qu’il a fait avant d’arriver chez moi?», ajoutait-il.

Lors de sa mise en examen, il avait assuré qu’Hasna Aïtboulahcen, la cousine d’Abaaoud qui avait trouvé le logement de Saint-Denis et est morte à ses côtés dans l’assaut des forces de l’ordre, lui avait présenté les deux hommes comme ses frères «mis à la rue par leur mère» et qui «avaient besoin que je les dépanne deux ou trois jours». Au fil de l’instruction, certaines charges, laissant penser qu’il aurait pu avoir connaissance en amont des attentats du 13 novembre, étaient tombées: un appel téléphonique qu’il avait reçu de Belgique dix jours avant les tueries s’était notamment révélé sans rapport avec l’enquête.

Déjà incarcéré huit ans 

Jawad Bendaoud, qui avait déjà purgé huit ans de prison, notamment pour coups mortels, avant les attentats du 13 novembre, a depuis son arrestation comparu à trois reprises devant le tribunal de Bobigny: pour avoir mis le feu à sa cellule, pour trafic de cocaïne et pour avoir insulté et menacé de mort des policiers.  Un de ses proches, Mohamed Soumah, et Youssef Aïtboulahcen, un frère d’Hasna, échappent aussi aux assises. Les juges d’instruction ont renvoyé le premier devant le tribunal pour «recel de malfaiteurs terroristes» et le second pour «non dénonciation de crime terroriste». Sollicités, leurs avocats n’étaient pas disponibles dans l’immédiat.

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