Faits divers | Une dizaine de filles violées via le site « Adopte un mec »

0
27

 

Un homme de 34 ans, accusé d’avoir violé en 2013 une dizaine de femmes rencontrées sur des sites de rencontres en ligne, comparaît de ce mardi jusqu’à vendredi devant la cour d’assises des Yvelines, à Versailles.

Willy Désir, qui a exercé divers emplois jusqu’à son placement en détention provisoire fin octobre 2013, avait été interpellé une première fois en juillet de cette année-là après la plainte d’une jeune femme.

Déshabillée de force et violée

Celle-ci expliquait avoir rencontré le trentenaire sur le site de rencontre en ligne « Adopteunmec.com« , et s’être rendue le soir même chez lui aux Mureaux, ville populaire des Yvelines.

Mais en fin de soirée, lorsqu’elle avait voulu rentrer chez elle, il l’avait forcée à se déshabiller et l’avait violée.

D’autres faits similaires identifiés

L’homme avait été placé sous contrôle judiciaire mais, trois mois plus tard, une deuxième jeune femme rencontrée sur le même site avait déposé plainte pour viol. Elle lui avait donné son adresse et, arrivé en voiture devant chez elle, il l’avait forcée à monter, disait-elle, avant de la violer alors qu’elle refusait ses avances.

Willy Désir avait été écroué et, en examinant son compte les sites de rencontres qu’il fréquentait, les enquêteurs avaient identifié d’autres jeunes femmes qui, sans avoir de contact entre elles, relataient des faits comparables, viols, violence et menaces.

Onze victimes recensées, quatre au tribunal

Au total, onze victimes présumées ont été recensées.

L’accusé est jugé pour viol sur sept d’entre elles, viol aggravé sur deux femmes enceintes – l’une de lui, après quelques jours de relation -, tentative de viol sur une dixième et agression sexuelle sur la onzième.

«Sur le site, c’était pas du sérieux»

Au premier jour de son procès, Willy Désir s’est défendu d’être un homme violent : «A aucun moment je n’ai usé de violence», a lâché l’accusé à la barre.
«On ne parle pas des faits» reprochés, l’a recadré le président, alors que la cour a examiné sa personnalité et sa relation aux femmes.

Être violent avec une femme, «ça ne m’est arrivé qu’une fois en 2009» avec une ex-compagne, a complété Willy Désir. Selon son avocat, l’accusé, un temps militaire en Martinique, vendeur juste avant son placement en détention provisoire en 2013, nie les accusations de viols.

La cour s’est penchée sur sa «quasi-obsession du sexe, pas forcément banale», selon les mots du président. Des relations multiples et sans lendemain, sans préservatif, qu’il enchaînait la plupart du temps par le biais du site de rencontres «Adopte un mec».

Le président a évoqué ses quatre enfants issus de quatre unions différentes, d’autres compagnes qui ont avorté. «Est-ce que vous n’avez pas semé des enfants un peu partout?», «Comment vous considérez la femme?», a interrogé le magistrat. «Sans faire de jeu de mot, c’est votre désir que vous faites passer avant tout? Des relations sexuelles à haute dose sans protection?»

«Sur le site, c’était pas du sérieux», a répondu l’accusé, laconique.

Déjà condamné huit fois

Déjà condamné huit fois pour des délits routiers, violences ou consommation de stupéfiants, l’accusé est jugé jusqu’à vendredi. Seules quatre femmes se sont à ce stade constituées partie civile. Plusieurs autres femmes n’ont pas souhaité porter plainte ni même être entendues.

Le site « Adopte un Mec » liste, en ligne, ses « règles de prudence »: ne pas transmettre des informations trop personnelles (adresse, numéro de carte bancaire), se rencontrer dans un lieu public fréquenté, se déplacer par ses propres moyens… Les internautes ont aussi la possibilité de signaler tout profil suspect ou inapproprié.

Source link