Faute de voix, l’abrogation de l’Obamacare a du plomb dans l’aile, tandis que le candidat soutenu par Trump a perdu la primaire pour le Sénat dans l’Alabama.

Rentrée difficile pour Donald Trump ! Un vent de contestation soufflait déjà dans le monde sportif — rejoint par celui du show-biz — mais, depuis le quelques jours, c’est à une véritable fronde d’une partie de son propre camp à laquelle l’ancien homme d’affaires doit aussi faire face. Ancien candidat à la Maison-Blanche face à Barack Obama en 2008, John McCain, le sénateur républicain de l’Arizona, a annoncé vendredi qu’il s’opposerait à la proposition — qu’il juge bâclée — de ses collègues au Congrès d’abroger l’Obamacare, la « Sécurité sociale pour tous », réforme phare du président démocrate lancée lors de la grande crise financière de 2008.

John McCain, 81 ans, qui se fait soigner actuellement pour un cancer, a toujours été un électron libre à Washington, mais il fait partie des figures politiques parmi les plus influentes et respectées aux Etats-Unis. « McCain a donné une vraie gifle au Parti républicain », s’est lamenté Donald Trump. « Sans lui, nous aurions déjà notre réforme santé. »

Après le non de John McCain et celui du conservateur libertarien Rand Paul — qui estime, lui, que la loi ne va pas assez loin —, le détricotage de l’Obamacare a encore pris du plomb dans l’aile avec la défection de la sénatrice Susan Collins. Cette républicaine modérée du Maine a annoncé, lundi, son opposition au projet de Donald Trump dans un communiqué sévère, estimant que « cette proposition de loi aurait un impact négatif important sur le nombre de gens couverts par une assurance ».

Le vote reporté

Si ces trois républicains se sont opposés pour des raisons diverses, ils ont contraint les chefs de la majorité à jeter l’éponge à quelques jours de la date butoir du 30 septembre, fin de l’année budgétaire. L’arithmétique au Sénat est, en effet, cruelle pour le camp Trump qui ne dispose que de 52 sièges sur 100. Trois défections suffisent donc à faire capoter le projet. « Nous avons décidé, puisque nous n’avons pas les voix, de reporter le vote », a déclaré l’un des deux parrains de la réforme, le sénateur Bill Cassidy. « Nous y arriverons un jour », a ajouté l’autre, son collègue Lindsey Graham.

Il s’agit là d’un revers cinglant pour Trump pour qui l’abrogation de ce texte avait été une priorité à son arrivée à la Maison-Blanche. Mais cette possible abrogation inquiète de plus en plus. De nombreux experts et élus estiment qu’elle conduirait à une perte de couverture maladie pour plus de 30 millions de personnes à l’horizon 2026. Les Américains apprécient ses nombreux garde-fous empêchant les assureurs privés de discriminer les patients, et le fait que le nombre de personnes non assurées soit tombé à un niveau historiquement bas, environ 10 % de la population adulte non âgée.

Autre coup dur pour le président : la défaite de « son » candidat à la primaire des Républicains pour désigner leur candidat au Sénat dans l’Etat sudiste de l’Alabama. Luther Strange, lobbyiste devenu homme politique, et qui avait promis sa loyauté au milliardaire, a perdu face à Roy Moore, une personnalité au profil paradoxalement beaucoup plus « trumpien ». Mieux connu localement, Roy Moore a bâti sa réputation en défiant les autorités sur la place de la religion dans l’espace public. En tant que chef du pouvoir judiciaire de l’Alabama, il avait été suspendu de ses fonctions pour avoir refusé de reconnaître la légalisation du mariage homosexuel.Reste que selon un sondage publié par CNN, le président américain récolte encore 41 % d’opinions favorables, notamment au sein de son socle électoral.

Le show-biz solidaire des sportifs

Le président n’a pas hésité, vendredi dernier, à inviter la Ligue de football américain (NFL) à licencier les sportifs qui expriment leur mécontentement en s’agenouillant, lorsque l’hymne américain est joué dans les stades, pour dénoncer le racisme. « Ne seriez-vous pas ravi d’entendre un de ses propriétaires de NFL dire : Foutez-moi ce fils de pute en dehors du terrain ! » Après la NFL, c’est l’autre sport majeur aux Etats-Unis, le base-ball, et la ligue de basket (NBA) qui ont fait les frais de la colère présidentielle.

Le show-biz s’est aussitôt solidarisé, à l’image du chanteur Stevie Wonder lors d’un concert samed à New York : « Ce soir, je m’agenouille pour l’Amérique », a-t-il déclaré. Dimanche, il était à Charlottesville, théâtre, cet été, de manifestations d’extrême droite, aux côtés de Coldplay, Justin Timberlake ou Pharrell Williams. L’équipe de la série « Grey’s Anatomy » a aussi mis un genou à terre pour défier Trump, tout comme Gillian Anderson et David Duchovny de « X-Files ».

Source link

Laisser un commentaire