Le fils de Donald Trump, qui a reconnu avoir rencontré une avocate du Kremlin pendant la campagne présidentielle, minimise la gravité des accusations portée contre lui.

Par Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)

Non content d’avoir publié les courriels qui ont – brièvement – fait chuter la Bourse, Donald Trump Junior est apparu mardi 11 juillet au soir sur Fox News. A peine ébranlé par une affaire qu’il n’a pas l’air de juger très grave. « Rétrospectivement, j’aurais probablement fait les choses un peu différemment », a-t-il concédé. Mais la proposition était alléchante. « Quelqu’un avait des informations sur notre concurrente (…). Je voulais juste entendre ce qu’ils avaient à dire… » Le fils du président a appelé à se remémorer le contexte agité de la campagne électorale. « Les choses qui vont à 1 million de km/h. » Et « c’était avant la Russiemania, souligne-t-il. Avant que la presse ne fasse monter tout ça. »

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A 39 ans, Donald Junior est l’aîné des cinq enfants de Trump, l’un des trois (avec Ivanka et Eric), né de l’union du magnat de l’immobilier avec le mannequin tchèque Ivana Zelnickova. Il avait 12 ans quand ses parents ont divorcé et le scandale, étalé dans la presse new-yorkaise, l’a dégoûté au point qu’il n’a plus parlé à son père pendant un an. Pour l’épargner, sa mère l’a mis en pension, en Pennsylvanie. De là, il a intégré une prestigieuse école de commerce de Philadelphie dont son père était diplômé. Après ses études, « Donnie » comme l’appellent ses amis, est parti dans l’ouest, où il a joué les barmen à Aspen (Colorado) tout en faisant du ski. Après un an, dont un séjour de onze jours en prison pour ébriété sur la voie publique, il est rentré dans le giron familial, à la Trump Organization.

Les pieds dans le plat

Il est aussi grand adepte de Twitter. S’il a nettement moins d’abonnés que son père (1,8 million contre 33,6 millions), il est offensif. Il a comparé les réfugiés syriens à un bol de « skittles » (bonbons de toutes les couleurs) dans lequel il est difficile de faire le tri. Pendant la campagne, les mauvaises langues de l’équipe Trump l’avaient surnommé « Fredo » – en référence au plus faible des fils de Corleone, dans le film Le Parrain – pour sa propension à mettre les pieds dans le plat.

Depuis l’investiture de son père, « Donnie » dirige la Trump Organization avec son frère Eric, 33 ans, sans y voir la moindre source de conflits d’intérêts. Il y est chargé des relations commerciales internationales alors qu’Eric gère les golfs. Ses relations avec son beau-frère Jared Kushner, le gendre préféré du président, aussi réservé qu’il est « grande gueule », sont compliquées. Selon la presse, c’est le mari d’Ivanka qui, pour se couvrir, a révélé l’entrevue avec l’avocate russe, Natalia Veselnitskaya lorsqu’il a complété son formulaire d’accréditation secret défense (la première version pêchait par nombre d’« oublis »). C’est cette révision qui aurait mis les enquêteurs sur la piste de l’entrevue. Jared Kushner, lui, est ciblé par le procureur spécial pour avoir tenté – après la victoire de son beau-père – de mettre en place un canal secret de communication avec le Kremlin.

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