VIDÉO – À l’occasion de la venue du 45e président des Etats-Unis à Paris pour les cérémonies du 14 juillet, Le Figaro a retrouvé ses déclarations et tweets au sujet d’un pays allié qu’il n’hésite pas à critiquer.

Connu pour son usage frénétique de Twitter, Donald Trump n’a pas attendu d’être président pour s’exprimer sans retenue sur la France. Avec ses casquettes d’homme d’affaires, de candidat républicain, puis de président des Etats-Unis, il a notamment largement commenté les attaques terroristes qui ont touché l’Hexagone, mais aussi la politique française en matière d’armes et d’immigration. Certaines de ses déclarations remontent aux années 80, quand il était encore qu’un magnat de l’immobilier rêvant de carrière politique …

L’un de ses premiers coups de griffe recensés remonte à 30 ans. «Il y a des pays comme la France qui vendent ouvertement et de manière éhontée de la technologie nucléaire.» «Les Français, je leur tomberai dessus vraiment fort. (…) Leur président (François Mitterrand, ndlr) est un type arrogant, totalement stupide, qui essaie de regagner du terrain en vendant sa technologie nucléaire à tout le monde et c’est une honte, une honte», affirme-t-il en 1987, dans une interview au magazine américain Manhattan relayée par Slate.

«Paris est l’une des plus belles villes au monde. Si j’y trouve un bon produit je l’achèterai. Et je mettrais mon nom dessus», déclare l’hommes d’affaires, cité par VSD, lors d’une visite à Paris en juin 1996.

«Le monde nous escroque. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite nous escroquent comme jamais. La France est le pire des coéquipiers que j’ai vu de ma vie,» dit-il encore sur CNN en 1999.

«La France n’est plus la France»

En 2012, c’est le nouveau président Hollande qui fait les frais des commentaires de Trump sur Twitter: «Le résultat de l’élection en France est très décevant. Les Européens doivent adopter l’austérité pour que leur économie se rétablisse pleinement»

Lors des attentats qui frappent la France il y a deux ans, Trump y va à chaque fois de son commentaire acerbe et très souvent mal renseigné. Le jour même de l’attentat de Charlie Hebdo de janvier 2015, ses trois tweets soulèvent l’indignation: «Si les personnes si violemment abattues à Paris avaient eu des fusils, au moins elles auraient eu une chance de se défendre.»

«N’est-ce pas intéressant que la tragédie de Paris ait eu lieu dans l’un des pays les plus fermes au monde concernant le contrôle des armes à feu?»

«Souvenez-vous que lorsque les armes sont interdites, seuls les hors-la-loi auront des fusils!»

Il récidive trois jours plus tard lors de l’attentat de l’Hyper Cacher: «La police française a peur d’aller dans certaines communautés. Comment la France a laissé ceci se produire, et comment la terroriste (Hayat Boumeddiene, compagne de Coulibaly, ndlr) a-t-elle pu s’échapper?»

Après l’attentat du 13 novembre 2015, Trump réagit lors d’un meeting dans le Texas, où il demande une minute de silence en hommage aux victimes, avant de critiquer fortement la gestion de la France: «Regardez Paris, avec les lois sur le port d’armes les plus restrictives du monde, personne n’avait d’armes sauf les méchants». «Personne n’était armé. […] On peut dire ce qu’on veut, s’ils avaient eu des armes, si nos gens étaient armés, s’ils avaient le droit de porter des armes, la situation aurait été très, très différente».

«Si j’avais été au Bataclan…»

Un mois plus tard, le 9 décembre 2015, il reprend l’idée des «no-go-zones» dans la capitale française, lors d’une interview sur MCNBC. «Il y a des quartiers à Paris qui sont radicalisés, où la police refuse d’aller.»

Il rajoute lors d’un entretien à l’hebdomadaire français Valeurs actuelles en février 2016: «J’ai toujours une arme sur moi. Si j’avais été au Bataclan, je peux vous dire que j’aurais ouvert le feu. […] Malheureusement la France n’est plus ce qu’elle était, et Paris non plus.»

En mars 2016, il critique de nouveau la gestion de la France dans le suivi des affaires de terrorisme, avec une allusion voilée à l’utilisation de la torture: «Le principal suspect du massacre de Paris, Salah Abdeslam, qui était aussi au courant de l’attaque de Bruxelles, refuse de parler. Dirigeants faibles et lois ridicules!»

Après l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, le président américain se fend d’un nouveau tweet polémique: «Une autre attaque horrible, cette fois à Nice. De nombreux morts et blessés. Quand est-ce que nous apprendrons? Cela ne fait qu’empirer.»

Dans une interview à NBC en marge des attentats de Nice et de Munich, le 24 juillet 2016, le candidat républicain s’indigne de la situation sécuritaire et migratoire en Europe. «Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous suicider en laissant entrer chez nous des ressortissants de pays infectés par le terrorisme. La France et l’Allemagne sont infectées par le terrorisme» […] Et vous savez quoi? C’est leur faute. Parce qu’ils ont laissé des personnes entrer sur leur territoire».

«J’ai des amis en France…»

Après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, Trump réagit de nouveau lors d’un meeting à Charlotte en Caroline du Nord le 26 juillet 2016, lançant son fameux «La France n’est plus la France»: «Regardez la France […] c’est catastrophique. J’ai des amis qui vont en France tous les ans. Cette année, ils m’ont dit: «on ne va plus en France, la France n’est plus la France». 

Le 3 février 2017, deux semaines après son investiture, le 45e président américain s’indigne sur Twitter, après l’attaque au Carrousel du Louvre: «Un nouveau terroriste islamique radical vient d’attaquer le Musée du Louvre à Paris. Des touristes ont été enfermés. La France à nouveau sous tension. Ouvrez les yeux»

Le 24 février, lors de la conférence annuelle des conservateurs (CPAC), le nouveau président récidive avec l’anecdote de son «ami»: «J’ai un ami, c’est quelqu’un de très très important. Il adore la Ville Lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa famille. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps et j’ai dit ‘Jim, comment va Paris? ‘Je n’y vais plus. Paris n’est plus Paris.’, il n’aurait jamais raté une occasion. Aujourd’hui, il n’envisage même plus d’y aller.»

En marge de la campagne présidentielle française, lors de l’attaque sur les Champs-Elysées du 20 avril le président américain réagit encore une fois sur Twitter: «Une autre attaque terroriste à Paris. Le peuple français n’acceptera pas cela très longtemps. Cela aura un gros effet sur l’élection présidentielle!»

Sa dernière allusion à la France, avant sa visite, remonte au 1er juin. Le président américain annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et se justifie: «J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas de Paris.»

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