CHARLOTTESVILLE – Donald Trump s’enlise dans la tourmente. Le président américain est critiqué de toutes parts pour ses propos sur les affrontements de Charlottesville, suscitant un profond malaise au sein même de son propre camp.

Lors d’une conférence de presse chaotique organisée mardi 15 août dans la Trump Tower de New York, le magnat de l’immobilier, très remonté, a renvoyé dos-à-dos les membres de la droite suprémaciste qui s’étaient donné rendez-vous dans cette petite ville de Virginie et les manifestants venus les dénoncer. D’après lui, la responsabilité des violences qui ont fait un mort chez les anti-racistes et plusieurs dizaines de blessés doit être recherchée « des deux côtés ».

Ses propos, salués par un ancien leader du Ku Klux Klan pour leur « courage », ont laissé nombre d’élus républicains sans voix. Deux personnalités de ce parti, connus pour leurs positions conservatrices, ont en revanche tenu à réagir à ces mots, en dénonçant entre les lignes les propos du président: George H. W. Bush et son fils George W. Bush. Dans un communiqué au ton très solennel, sans nommé Trump, les deux anciens présidents ont appelé mercredi les États-Unis à « rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes ».

« Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville (Thomas Jefferson, visé par Trump, ndlr): ‘Tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables' », écrivent les deux Bush. « Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays », ont-ils conclu.

 

 

« Ce pays, par ses idées, ne soutiendra pas votre comportement »

Et les mots de Donald Trump auraient également pu être contredits par un autre président américain républicain parmi les plus conservateurs, décédé quant à lui: Ronald Reagan. Sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’un de ses discours a effectivement ressurgi pour être partagée des milliers de fois. Face à la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, le président Reagan, mort en 2004, avait tenu en 1981 des propos très fermes contre les groupes extrémistes racistes.

« Des groupes isolés aux confins de la vie américaine ont toujours des notions perverties de ce qu’est l’Amérique, disait-il. Récemment, certains points de notre pays ont vu resurgir l’intolérance et la violence. »

Et le président américain vénéré par la droite de s’adresser directement à ces « groupes qui adhèrent toujours au racisme absurde et au préjugés religieux »: « C’est vous qui êtes en décalage avec notre société. C’est vous qui violez délibérément le sens de ce rêve qu’est l’Amérique. Et ce pays, par ses idées, ne soutiendra pas votre comportement ».

Ces propos, qui font écho de manière troublante avec les événements qui ont frappé Charlottesville, tranchent avec la réponse et le revirement de Donald Trump.

Ce dernier, entré en fonction il y a un peu plus de 200 jours, a tenté d’apaiser la situation mercredi sur Twitter. Après un « MAKE AMERICA GREAT AGAIN » (« Rendons à l’Amérique sa grandeur », son slogan de campagne) dont on ne sait s’il est lié à la polémique de Charlottesville, le président américain a indiqué qu’une commémoration serait tenue ce mercredi en hommage à la manifestante antiraciste tuée samedi par un sympathisant néo-nazi. « Tout le monde se souviendra d’elle! », dit-il de cette « belle et incroyable Heather Heyer, une jeune fille vraiment spéciale ».

 

 

 

 

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