À la suite de l’encyclique Laudato si’du pape François, le Saint-Siège s’était fortement engagé en faveur de la signature de l’Accord de Paris

Si le Vatican n’avait pas officiellement réagi, vendredi 2 juin, à la décision du président américain Donald Trump, la veille, de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, la déception était de mise du côté des proches du pape François qui, dans la suite de son encyclique Laudato si’, s’était beaucoup engagé en faveur de cet accord.

« C’est quelque chose que nous espérions ne pas voir arriver », a ainsi confié au Washington Post le cardinal ghanéen Peter Turkson, préfet du dicastère pour le développement humain intégral, qui avait conduit la délégation du Saint-Siège à la COP21.

Laudato si’offert par François à Trump

« Certains sujets ne devraient pas être politisés », a-t-il regretté, estimant que « le climat est un bien commun mondial qui ne se limite pas à un pays en particulier ».

Huit jours avant l’annonce de Donald Trump, le pape François avait reçu au Vatican le président américain et la question du changement climatique avait été abordée lors des discussions entre les officiels américains et leurs interlocuteurs du Saint-Siège.

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Comme à tous les chefs d’États qui viennent le voir, le pape avait offert à Donald Trump ses principaux textes, dont Laudato si’, « sur le soin de la maison commune et l’environnement », avait alors bien pris soin de préciser le traducteur du pape. « Je les lirai », avait alors promis Donald Trump, qui, s’il l’a fait, n’aura donc pas été convaincu par les arguments de François.

« C’est pour nous une gifle en pleine figure », a commenté de son côté Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier des académies pontificales, qui depuis plusieurs années ont longuement travaillé sur le changement climatique.

« Il y a derrière le lobby du pétrole »

« Je crois qu’il y a derrière lui le lobby du pétrole. Il est probablement manipulé par eux et n’a pas la possibilité de s’y opposer s’il le voulait », a-t-il commenté dans un entretien au quotidien italien La Repubblica. « Dans tous les cas, c’est une vision qui est non, seulement catastrophique mais aussi tout à fait infondée scientifiquement. »

De son côté, dans son traditionnel message aux musulmans pour le début du Ramadan, le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux a justement invité chrétiens et musulmans à unir leurs forces en faveur de l’environnement.

« Personne, aucune nation ou peuple, ne peut imposer exclusivement sa compréhension de la planète », souligne le texte signé par le cardinal français Jean-Louis Tauran.

Nicolas Senèze (avec Washington Post et La Repubblica)

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