Suite aux attentats, le prix des armes s’envole et leur trafic s’effectue plutôt en dehors de la capitale.Personne ne sait exactement combien d’armes à feu illégales circulent en Belgique. Lorsqu’une loi plus sévère a été introduite en 2006, il y en avait entre 630.000 et 1,1 million.

Mais selon un rapport qui a été dévoilé hier par l’Institut flamand pour la paix en présence du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), il n’existe guère aujourd’hui de chiffres fiables.

C’est naturellement lié au caractère clandestin de ce phénomène mais aussi à l’absence d’un registre de ce qui est mis au jour. Ainsi, en 2015, 2.540 armes à feu inscrites au registre central des armes ont été saisies. Quant aux greffes des tribunaux, où les armes sont enregistrées comme pièces à conviction, on en notait 9.706 à la même époque.

Ce qui est frappant , c’est l’augmentation spectaculaire d’armes illégales. Une arme qui est saisie peut être détenue légalement mais alors que cette proportion était de 72 % en 2010, elle a chuté à 20 % l’an dernier.

Selon des chiffres de la police fédérale, 238 cas de commerce d’armes illégales ont été découverts depuis 2009. Ce chiffre n’augmente pas de manière significative mais la part d’armes de guerre, oui. Celles-ci représentaient seulement 9 % du total en 2009 tandis qu’elles atteignaient 24 % en 2015.

Les meilleurs clients de ce marché noir se situent dans le milieu de la drogue mais ils utilisent surtout des armes de poing. Les armes de guerre tombent presque exclusivement entre les mains des truands les plus dangereux et bien entendu des terroristes.

Le fait que les terroristes opèrent principalement depuis Bruxelles a mis le marché noir des armes sous pression.

Les nombreuses enquêtes policières ont augmenté le risque pour les trafiquants et il est probable aussi que le fait de travailler pour des terroristes les fasse hésiter.

C’est ainsi que l’offre en région bruxelloise a chuté au point qu’une Kalachnikov coûte à présent entre 2.000 et 3.000 euros alors qu’il y a quelques années, on en trouvait encore pour 1.200 euros. Et pour un pistolet Glock, le prix est monté de 1.000 à 3.000 euros.

Selon la police, le trafic d’armes se serait déplacé de Bruxelles vers d’autres villes. Liège semble occuper une place dominante si on prend en compte la réactivation d’armes démilitarisées. À côté de l’importation illégale, c’est la principale source de marché noir.

Pour rendre de nouveau utilisables des armes déclassées, il faut du métier. Et on en trouve principalement à Liège auprès de personnes qui auraient travaillé pour la FN Herstal.

Pour ce qui est de l’importation, les Balkans demeurent la source la plus importante mais il est à craindre que des armes lourdes en provenance de Syrie, de Libye et du Mali sans parler de l’Ukraine fassent bientôt leur apparition.

Hier, le ministre Geens a annoncé qu’une nouvelle période d’amnistie pour déclarer les armes illégales s’ouvrirait du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2019. « Le citoyen reçoit une dernière chance de rendre son arme et de demander au besoin une autorisation ».

L. N.

Source link