Un agriculteur fuit après un contrôle sanitaire, il est abattu par des gendarmes

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Un éleveur bovin de 37 ans de Saône-et-Loire, en fuite depuis plus d’une semaine après un contrôle sanitaire conflictuel, a été abattu samedi 20 mai par des gendarmes sur qui il fonçait en voiture, a-t-on appris de source judiciaire.

Cet agriculteur du village de Trivy était recherché depuis le 11 mai, date du dernier contrôle de son exploitation lors duquel il avait foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs, a indiqué à l’AFP la procureure de Mâcon, Karine Malara.

« Ce monsieur n’allait pas bien, s’opposait aux services d’inspection sanitaire, il existait un gros contentieux depuis plusieurs années et ça allait de pire en pire. Il ne s’occupait plus trop de son cheptel et avait déjà été sanctionné pour défaut de soins sur ses bêtes », a expliqué Karine Malara.

Il a été retrouvé de « manière fortuite », après qu’un habitant du petit village de Sailly, à 35 kilomètres de Trivy, dans les environs de Cluny, a signalé un homme circulant lentement autour du château avec des jumelles.

« Deux patrouilles de gendarmes se sont rendues sur les lieux et l’une d’elles est tombée sur son véhicule. Les deux gendarmes sont descendus à pied et ont tenté les sommations mais il a foncé sur eux sur un étroit chemin de terre. Les deux ont fait feu, il a été touché mortellement », a détaillé la magistrate. Le Samu n’a pu le ranimer.

Voisin de l’éleveur abattu, un agriculteur, joint par France 2, n’arrive toujours pas à comprendre ce « coup de folie ». « Je le connaissais depuis tout jeune. C’était un garçon très intelligent, un fort tempérament qui avait du mal à se faire aux règlements. Et au fond il n’avait pas tout à fait tort. On est submergé par l’administration contre qui il avait une dent. Mais on n’a pas le choix. Ce sont les contraintes de la PAC (Politique Agricole Commune). Et c’est la DSV (Direction des Services Vétérinaires) qui doit faire tous ces contrôles. Parfois abusifs », explique-t-il.

« Mais lui, il est monté en pression. Il aurait fallu y aller plus en douceur. Il disait qu’on rentrait dans le système mondialisé et qu’il ne fallait pas. Mais aujourd’hui, soit on se conforme, soit on change de métier. Peut-être aussi qu’il aurait du se faire soigner, qu’il n’était pas fait pour ce métier. Je connais bien ses parents. C’est très triste d’en être arrivé là », ajoute-t-il. 

Une enquête a été confiée à l’inspection technique de la gendarmerie et les premières constatations ont été faites par la section de recherches de Dijon. L’autopsie aura lieu dimanche à Dijon, pour savoir combien de tirs ont touché l’agriculteur. Ce dernier était célibataire et sans enfant.

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