Les faits commençaient à embarrasser La République en marche (LREM). « Aucun acte de violence n’est tolérable dans notre vie démocratique et notre État de droit », a tweeté Richard Ferrand, patron du groupe à l’Assemblée, adressant ses « vœux de prompt rétablissement à Boris Faure » après son agression par le député macroniste M’jid El Guerrab.

L’élu de la 9ème circonscription des Français de l’étranger a annoncé sur Facebook, vendredi 1er septembre, se mettre « en congé » de son parti et du groupe parlementaire :

Suite à l’altercation que j’ai eue avec monsieur Boris Faure, j’ai décidé de me mettre en congé du parti et du groupe parlementaire LREM afin de permettre à l’enquête de se dérouler de la manière la plus sereine possible et de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé.

Je souhaite naturellement le rétablissement le plus rapide à Monsieur Faure.

[EDIT 15h26] Selon son avocat à franceinfo, M’jid El Guerrab a été placé en garde à vue vendredi, à 15 heures, dans le cadre de l’enquête. Le député renonce à son immunité parlementaire et s’est rendu au commissariat vendredi en début d’après-midi.

La policière judiciaire a été saisie jeudi à la suite des actes de violence commis mercredi par M’jid El Guerrab, contre un cadre du PS, Boris Faure, qui était toujours hospitalisé jeudi soir. Plus tôt dans la journée, la famille de Boris Faure avait indiqué qu’il avait dû « être opéré en urgence » après son admission à l’hôpital, et qu’il se trouvait en « soins intensifs ». Une enquête pour « violences aggravées » a été ouverte mercredi soir par le parquet de Paris.

Comme l’a révélé Marianne, l’altercation s’est produite mercredi après-midi rue Broca à Paris. Selon un témoin interrogé par l’hebdomadaire, le député LREM a « assén(é) un coup de casque très violent puis un deuxième » à Boris Faure, qui est tombé « par terre, en sang ». Un autre témoin affirme avoir entendu Boris Faure dire « sale Arabe » au député.

Le Parti socialiste et La République en Marche ont « condamné » les « actes de violence » commis par M’jid El Guerrab contre le premier secrétaire de la Fédération des Français de l’étranger. « Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté cette agression », a écrit le PS dans un communiqué. « La République en marche condamne les actes de violence commis à l’encontre de Boris Faure […] Si les circonstances de cette altercation doivent encore être précisées, aucun comportement ne saurait justifier des actes de violence », lui a fait écho LREM.

Le candidat LR dans la circonscription, Erwan Davoux, a demandé la démission de M’jid El Guerrab de son mandat.

Contacté par l’AFP, M’jid El Guerrab a reconnu un geste violent, tout en affirmant avoir réagi à des « insultes racistes » et à une « agression physique ». « Je m’excuse pour la violence du geste. Et d’ailleurs, je condamne toute forme de violence car en dépit des paroles et insultes proférées, la violence n’est jamais la réaction appropriée (…) Je regrette d’avoir cédé à la provocation », a-t-il dit.

« Je n’ai jamais agressé de mon propre fait M. Faure. Je me suis défendu après qu’il m’a attrapé le poignet, pour qu’il le lâche. La seule chose que je tenais était mon casque de moto« , a-t-il précisé.

Le député a indiqué s’être vu prescrire six jours d’ITT (Incapacité totale de travail) et annoncé son intention de « porter plainte pour agression ».

Les deux hommes nourrissent un contentieux depuis les élections législatives. M’jid El Guerrab (ex-PS) a remporté la 9e circonscription des Français de l’étranger face, notamment, au socialiste Didier Le Bret.

Dans un texte publié sur les blogs de Mediapart, Boris Faure accusait en mai M’jid El Guerrab d’avoir rejoint En Marche par « opportunisme », après avoir vu qu’il ne pourrait remporter la primaire locale face à Didier Le Bret. Pour M’jid El Guerrab, cette primaire était une « mascarade » dont le résultat était écrit d’avance.

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