Principale mesure avancée par Emmanuel Macron pour lutter contre le terrorisme, la création d’une « task force » anti-Daesh devrait être engagée dans les prochains jours. En effet, lors d’un précédent conseil de défense, le président de la République a annoncé que l’organisation de cette cellule sera fixée « d’ici le 7 juin », à l’occasion du conseil des ministres. Mais les contours de ce nouvel organe de coordination sont déjà connus. Explications.

Principes

La « task force » sera composée de 50 à 100 fonctionnaires qui se relaieront 24 heures sur 24 au Palais de l’Élysée, sous l’autorité du chef de l’État, pour coordonner les services de renseignement, à savoir la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Il faut dire que beaucoup pointent les problèmes de convergence et de coordination qui existent entre ces services. Une difficulté que le président entend palier en se positionnant au cœur du renseignement.

« J’installerai directement auprès du président de la République un organe de coordination, je l’ai appelé ‘task force’, capable d’agir 24 heures sur 24 contre Daesh », avait annoncé le 21 avril dernier Emmanuel Macron durant sa campagne, au lendemain de l’attaque qui avait tué un policier sur les Champs-Élysées à Paris.

Les personnes travaillant pour la « task force » auront pour mission de récolter « toutes les informations avec un accès direct aux plus hauts responsables », a indiqué Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. Grâce à cette cellule, les décisions pourront être prises « dans la demi-heure » a-t-il ajouté. Le Conseil national du renseignement était jusqu’alors déjà rattaché à l’Élysée, mais son coordonnateur « n’a pas la puissance qu’aura demain le responsable de la task force », a-t-il enfin précisé.

Quelles craintes ?

Certains spécialistes s’interrogent toutefois sur l’efficacité d’une telle cellule. « Il y a eu dans l’histoire du renseignement antiterroriste des « task forces » très efficaces, remarque pour BFMTV Alain Bauer, président du conseil national des activités privées de sécurité. L’une qui s’appelait Alliance contre Al-Qaeda. Si c’est ça, c’est une bonne idée. Si c’est à la place du reste et que c’est un peu plus large, ce n’est plus une « task force », c’est un conseil de sécurité national ou un conseil national antiterroriste. Là, il faut redéfinir les périmètres de qui décide de quoi. »

De son côté, Christophe Barbier, éditorialiste sur BFMTV, émet lui aussi quelques réserves: « Si c’est une usine à gaz élyséenne qui s’ajoute aux usines à gaz de Beauvau, ce sera gênant. Par ailleurs, la task force franco-française ne doit pas cacher une autre carence. Nous avons un problème de renseignement au niveau européen. Il faudrait réussir à créer une sorte de FBI européen ».

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